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Histoire du village

HISTOIRE DE POINTIS-INARD

Notre commune est une très vieille dame, puisqu’elle fut occupée très tôt. Sa proximité avec le village voisin de Montespan et ses grottes, nous offrit des outils préhistoriques tels que des lames en silex ou autres têtes de haches.

De - 3500 ans jusqu’à - 3000 ans avant notre ère, les Indo-Européens (les Celtes) vont migrer vers l’ouest pour occuper toute l’Europe centrale et occidentale, se mêlant aux locaux issus de l’Aurignacien. Une seconde importante migration se déroula en – 133 avant notre ère, les peuples Ibères (Hispanie) vaincus par le général romain “Pompée” vont fuir leurs terres pour traverser les Pyrénées, se mêler aux habitants et créer la “Gaule Aquitaine”.

Le nom du village paraît dater de cette période gauloise tant la toponymie nous y conduit d’après Grégory Chanfreau (écrivain Pointis-inardais, toponymiste, spécialiste de la proto histoire locale et du panthéon pyrénéen) :
      - Pointis = Pointe (la jointure entre les rivières Ger et Garonne forment une pointe).
      - Inard = Les Inartiis (semble avoir été le nom d’une tribu locale, en langue gauloise, “Nertos” signifie “les vaillants, les braves”).

D’après les travaux de Grégory Chanfreau, plusieurs autres noms descendent de cette période pré romaine, comme le hameau de la Herrère (le lieu ferreux), le Cap de Lesponne (le mont d’Epona, déesse gauloise), la Cassignau (la chênaie en gaulois) ou encore Sicart (l’asséché en gaulois). Enfin, un symbole au sommet d’une croix templière découverte par Mr Louis Gary (érudit et historien
pointis-inardais, membre de la société des études du Comminges) nous montre une roue des saisons druidique, la croix en question fut retaillée sur ce qui devait être un menhir, pour l’extermination des croyances païennes.

En – 52 avant notre ère, toute la Gaule est vaincue est soumise à Rome. Ainsi, s’ouvrit la période gallo-romaine. Fort de plusieurs siècles riches, le Comminges regorge de vestiges de cette ère. Pointis-Inard eut son propre village autour de la chapelle de Saint-Sernin et possédait même une pile romaine, lesquelles servaient à guider les voyageurs, mais aussi parfois faisaient office de stèles funéraires. Les habitants découvrirent durant des générations des fragments de poteries gallo-romaines dans les champs labourés, cela s’explique par la présence d’un four à potier disparu, qui se trouvait au quartier du Camp du Ger. La chapelle de Saint-Sernin est en partie bâtie avec des matériaux antiques, probablement issus d’un ancien sanctuaire gallo-romain.

Au Vème siècle, les invasions wisigothes laissent présager une destruction massive des bâtisses gallo-romaines, au village comme dans toute la Novempopulanie.

Le VIIIème siècle qui verra arriver les invasions vikings comme arabes, pour piller les villages et les lieux de cultes chrétiens à proximité des fleuves, obligera les habitants de Pointis-Inard à s’éloigner de la Garonne pour s’installer sur l’actuel village. Il semble qu’à la même période fut construit le château dit “d’en haut” pour défendre ses seigneurs grâce à de solides murailles.

Au XIIème siècle fut érigée la magnifique chapelle de Saint-Sernin. Un incendie gigantesque provoqué par des protestants ravagea le village en 1569, l’église fut construite en même temps que s’achevait la rénovation des habitats en 1592. Comme beaucoup d’autres forteresses en France, le château d’en haut fut démantelé sur les ordres du cardinal Richelieu en 1626.

 

A la fin du XVIIème siècle, s’éleva le château dit “d’en bas” grâce à la famille De Saint-Jean, barons de Pointis. Le personnage le plus illustre de cette noble famille futFrançois-Joseph De Saint-Jean Baron de Pointis. Ce dernier fut chevalier de l’ordre de Saint-Louis, lieutenant durant la guerre de Sept ans puis capitaine-commandant pendant la guerre d’indépendance aux Etats-Unis d’Amérique. En remerciements, il se voit devenir gouverneur de la Dominique aux îles Caraïbes. De retour en France, il est nommé maréchal de camp à Châlons/Marne. Retraité, il devient maire de la commune de Betchat sous la restauration.

 


Au XIXème siècle, l’activité de Pointis-Inard fut florissante. La commune comprenait une tannerie, quatre moulins à farine, cinq scieries. Le château d’en haut fut rebâti en 1845 sur les ruines de l’ancien château médiéval.

 

 

 

 

En 1863 fut rénovée la chapelle de Brouls qui se trouve à la limite de la commune de Ganties. Cet édifice est nommé ainsi à cause d’un “miracle” comme l’église en avait le secret. La légende raconte qu’un paysan entendit beugler sa vache devant une haie, laquelle dissimulait une statuette de la vierge Marie. Il est malheureusement impossible de dater son élévation.

 

 

 

 

Cependant, comme le rapporte Grégory Chanfreau, il est connu que les églises et les chapelles chrétiennes se sont implantées aux endroits même où se tenaient des sanctuaires gaulois et gallo-romains, mais pas seulement. En effet, une chênaie ou une source faisaient offices de lieux sacrés pour ces peuples pré chrétiens. Il se trouve qu’en contre-bas de la chapelle, se trouve une source et qu’à cet endroit Louis Gary découvrit la croix de Saint-Joseph, ornée de symboles gaulois et templiers. Il y a donc fort à parier, que la chapelle fut érigée après que les templiers eurent été tombés en disgrâce au XIVème siècle.

 

 

 

 

Au début du XXème siècle fut construit une gare ferroviaire (devenue maison), sur l’ancienne ligne Saint-Gaudens-Aspet. Son activité s’arrêta en 1935.

En 1959 brûla la tannerie “Picheloup”.

 

Nous remercions chaleureusement Grégory Chanfreau, écrivain Pointis-inardais, toponymiste, spécialiste de la proto histoire locale et du panthéon pyrénéen, pour son aide et le partage de ses connaissances lors de l'élaboration de l'histoire de notre village.